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2026

Rolex TP52 World Championship

Dates

15 juin 2026 → 20 juin 2026

Parcours

Porto Cervo


Deux points, neuf courses, un titre mondial : Sled arrache la couronne à Porto Cervo

Quarante-sept points contre quarante-neuf. Deux petits points séparent Sled de Trinity Racing au terme du Rolex TP52 World Championship 2026, disputé du 16 au 20 juin devant le Yacht Club Costa Smeralda, en Sardaigne. Neuf manches, quinze bateaux issus de onze nations, une flotte record pour la classe — et un titre qui s'est joué sur le dernier bord de près de la dernière course.

Une flotte record, une densité inédite

Jamais le championnat du monde TP52 n'avait aligné autant de bateaux au départ. Quinze équipages se sont affrontés sur les eaux de Porto Cervo, portant le plateau à un niveau de compétitivité extrême. Dans une telle flotte, chaque incident de départ ou erreur de placement coûte cher : une douzième place devient un boulet presque impossible à larguer.

La liste des engagés ressemblait à un annuaire du gratin de la voile de grand prix :

  • Sled (Takashi Okura) — Adam Beashel à la barre, Checco Bruni à la tactique, Murray Jones à la stratégie
  • Trinity Racing (Joakim Sundberg) — Ed Baird à la tactique
  • Platoon Aviation (Harm Müller-Spreer) — Vasco Vascotto à la tactique, Jordi Calafat à la stratégie
  • Paprec (Jean-Luc Petithuguenin) — Loïck Peyron à la tactique
  • Gladiator (Tony Langley) — champion du monde 2024, Guille Parada à la barre
  • No Way Back (Pieter Heerema), Alegre (Andy Soriano), Provezza (Ergin Imre), Teasing Machine (Éric de Turckheim), Vudu (Mauro Gestri) pour sa première saison en 52 SUPER SERIES, et les autres

Plus de la moitié de la flotte pouvait raisonnablement viser le titre. Le scénario l'a confirmé.

Le plan d'eau sarde : amphithéâtre naturel et brise piégeuse

Pas de traversée hauturière ici. Les courses se sont déroulées sur des parcours windward-leeward — aller-retour face au vent — dans le golfe d'Arzachena et au large de Porto Cervo. Un amphithéâtre naturel où les bascules thermiques dictent la hiérarchie.

Le 18 juin, la brise soufflait de l'est entre 8 et 10 nœuds, évoluant progressivement vers le sud-est. Des conditions modérées qui ont replacé les décisions tactiques au centre du jeu. Choisir le bon côté du plan d'eau, anticiper la rotation, protéger sa position avant chaque marque : voilà ce qui faisait la différence, bien plus que la puissance brute.

Les résultats l'ont prouvé jour après jour. Le premier jour, Alkedo Vitamina et Sled ont remporté les deux manches. Le troisième jour, ce sont Crioula et Alpha+ qui ont signé les victoires. Aucun équipage ne pouvait capitaliser sur un avantage acquis la veille.

TP52 : la box rule qui abolit les excuses

Le format mérite qu'on s'y arrête. Le TP52 obéit à une box rule — un cadre de conception strict qui produit des bateaux très proches les uns des autres. Pas de handicap IRC, pas de correction de temps. Les bateaux courent bord à bord, en temps réel. Premier à franchir la ligne, premier au classement.

Cette proximité transforme chaque départ en confrontation directe. Une longueur perdue dans un virement, un mauvais appel sur une bascule, et trois ou quatre concurrents passent devant sans qu'aucun recalcul ne vienne adoucir la sanction. Le résultat final est un cumul de places sur l'ensemble des manches. La constance prime sur l'exploit isolé.

Rolex présente cette épreuve comme pouvant compter jusqu'à dix courses. À Porto Cervo, neuf ont été validées — suffisamment pour séparer les réguliers des flamboyants.

Chronique d'un sacre construit sur la régularité

Le détail des résultats de Sled raconte tout : 5, 1, 6, 12, 5, 2, 4, 9, 3. Pas de série de victoires écrasante. Une seule première place. Mais aussi une seule vraie contre-performance — cette douzième place absorbée par sept résultats dans le top 6.

Paprec a ouvert les hostilités en s'emparant de la tête provisoire grâce à une première et une troisième places. L'équipe française de Jean-Luc Petithuguenin, avec Loïck Peyron aux appels tactiques, a montré d'entrée que le plateau ne se résumait pas aux favoris désignés.

Puis la hiérarchie a bougé, encore et encore. Sled et Vayu à égalité après le premier jour. Alpha+ en embuscade. Platoon Aviation solide mais jamais seul aux avant-postes.

La finale : un scénario d'anthologie

Avant la dernière course, Alpha+ possédait un point d'avance sur Sled. Un seul. La marge la plus fine possible pour aborder une finale.

Trinity Racing a remporté la manche. Platoon Aviation a pris la deuxième place. Sled a terminé troisième — suffisant pour conserver le titre. Mais Alpha+, douzième, a vu son rêve s'effondrer : de leader provisoire à quatrième du classement général en une seule course.

Classement final

RangÉquipagePoints
1Sled47
2Trinity Racing49
3Platoon Aviation53
4Alpha+55
5Alkedo Vitamina56
6Paprec61
7No Way Back69
8Provezza71
9Alegre72
10Vayu73
11Crioula76
12Teasing Machine82
13Gladiator88
14Caballo Loco102
15Vudu126

Deuxième titre mondial pour Sled

Ce sacre est le deuxième de Sled après celui de Palma de Majorque en 2021. Il s'inscrit dans un palmarès récent qui dit tout de la densité de la classe : Platoon Aviation a été couronné en 2017, 2019 et 2023, Gladiator en 2024. Aucune dynastie. Juste des équipages qui doivent tout reprouver chaque année.

L'édition 2026 marquait aussi la dixième collaboration entre Rolex et le championnat du monde de la 52 SUPER SERIES — un circuit professionnel lancé en 2012 qui structure la saison autour de cinq événements. Porto Cervo répondait donc à une double exigence : décerner le titre mondial et peser dans la course au trophée annuel.

Ce que Porto Cervo enseigne

Quatre trajectoires, quatre leçons. Sled ne gagne pas la finale mais protège un capital bâti sur neuf courses. Trinity Racing signe la victoire du jour mais reste à deux points du titre. Platoon Aviation finit fort sans rattraper son retard. Alpha+ prouve qu'une seule douzième place dans une flotte de quinze peut coûter un podium.

Le format TP52 produit une hiérarchie de précision, pas seulement de vitesse. La box rule réduit les écarts de matériel. Le parcours windward-leeward multiplie les carrefours tactiques. La taille de la flotte sanctionne chaque erreur. Le titre revient à l'équipage qui transforme le mieux la vitesse, la lecture du vent et la discipline collective en points cumulés.

Sled l'a fait avec deux points de marge. C'est tout. C'est suffisant.

Retrouvez le calendrier complet de la 52 SUPER SERIES sur spencer.club.

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