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2026

Loro Piana Giraglia

Dates

12 juin 2026 → 20 juin 2026

Parcours

Saint-Tropez


Une histoire née entre la France et l'Italie un jour de Mistral

Vingt-deux yachts, 14 français, 7 italiens et 1 anglais, alignés au départ de Cannes le 11 juillet 1953. Le Mistral souffle à 25 nœuds, puis lâche prise autour du rocher. À l'arrivée à Sanremo, après 196 milles de navigation, EA et Amity se présentent si proches que le comité de course renonce à les départager. Les deux bateaux sont déclarés vainqueurs, temps réel identique : 30 h 26 min 15 s. La Giraglia est née, et avec elle un ADN qui n'a jamais changé — confrontation internationale, passage obligé autour du rocher corse, verdict au temps compensé.

Dès 1954, les ports de départ et d'arrivée sont inversés, la participation grimpe à 31 bateaux. La formule moderne conserve cette logique de triangle entre Saint-Tropez, la Giraglia et Gênes, tout en l'intégrant à une semaine complète de régates côtières. Loro Piana est devenu partenaire-titre à partir de 2024, tandis que l'organisation reste portée par le Yacht Club Italiano avec la Société Nautique de Saint-Tropez.

73e édition : quatre jours dans le golfe, puis 241 milles au large

Du 12 au 20 juin 2026, la Loro Piana Giraglia a déroulé son programme en deux séquences bien distinctes. D'abord le golfe de Saint-Tropez, ses régates côtières et ses duels rapprochés. Ensuite le grand large, cap sur la Corse et Gênes.

ÉtapeDateContenu
Village et arrivées12 juinAccueil, inscriptions, préparation
Régates inshore13 au 16 juinParcours côtiers dans le golfe de Saint-Tropez
Course offshore17 juinSaint-Tropez → rocher de la Giraglia → Gênes, 241 milles
Arrivées et cérémonieJusqu'au 20 juinArrivée à Gênes et remise des prix

Plus de 130 yachts étaient annoncés, près de 1 000 marins issus de 45 nations et six continents au départ offshore. Des Maxis de 30 mètres aux unités classiques comme Baruna of 1938, la flotte embrassait toute la profondeur de la course au large contemporaine. Le règlement ouvrait l'épreuve aux monocoques de plus de 9,14 mètres, engagés en classes IRC et ORC.

Le passage de la Giraglia, bien plus qu'une marque de parcours

Au départ offshore, le vent d'est ne soufflait qu'à environ 8 nœuds. Les équipages savaient d'emblée que cette Giraglia se jouerait dans les transitions — changements entre vent faible, Code Zero et allures portantes, conservation de la vitesse dans les zones molles. Rester dans la pression imposait parfois de s'écarter sensiblement de la route directe. L'approche du rocher, puis la remontée vers Gênes, réclamaient une lecture constante des bascules et des changements de voile rapides.

Les Wally en première ligne sur les parcours côtiers

Les quatre jours de régates inshore ont confirmé la force des Wally dans les grandes divisions, sans que ceux-ci constituent une classe de classement séparée du système IRC/ORC.

Karel Komarek et Wallycento V ont remporté l'IRC 0 Maxi A après cinq courses, avec deux points d'avance. Wallycento Galateia, menée par Chris Flowers et David Leuschen, a terminé troisième au countback, à égalité de points avec My Song et Proteus. En IRC 1, c'est le Wallyrocket 51 Django WR de Giovanni Lombardi Stronati qui s'est imposé. En IRC 0 Maxi B, le Wally 60 Wallyño de Benoit De Froidmont a pris la troisième place derrière Atalanta II et Cippa Lippa X.

La domination des Wally en régates côtières posait une question simple : cette régularité pouvait-elle se convertir en résultat global sur une course de 241 milles dans du petit temps ?

Le duel des géants : ARCA SGR contre Magic Carpet E

Le spectacle le plus intense de la semaine s'est joué entre deux 100 pieds dans les derniers milles avant Gênes. ARCA SGR, le Maxi de Furio Benussi, a franchi la ligne en 1 jour, 1 heure, 5 minutes et 56 secondes. Derrière, le Verdier 100 Magic Carpet E de Sir Lindsay Owen-Jones n'a concédé que 5 minutes et 11 secondes. My Song, le ClubSwan 80 de Pier Luigi Loro Piana, a complété le podium sur l'eau.

Cinq minutes d'écart sur plus de 24 heures de course entre deux Maxis — la moindre erreur de placement dans une risée ou un mauvais choix de voile dans une zone de transition pouvait inverser la hiérarchie.

Pour mémoire, le record de l'épreuve reste fixé à 14 h 56 min 16 s, établi par Esimit Europa 2 en 2012. Les conditions légères de 2026 ne permettaient pas de le menacer.

Le vrai verdict : Arkas Blue Moon, vainqueur au général

La Giraglia ne récompense pas seulement le premier bateau à couper la ligne. Et c'est là que le classement bascule.

Arkas Blue Moon, le TP52 de Bernard Arkas, a remporté le classement général IRC et le Loro Piana Challenge Trophy. Un bateau de 52 pieds qui domine au temps compensé une flotte comprenant des unités deux fois plus grandes — la preuve que le rating et la navigation tactique pèsent autant que les mètres de coque.

Côté ORC, la victoire générale est revenue à Crabx - Aquarama - Fraber, mené par Roberto Bosio. Cippa Lippa X a dominé l'IRC 0 offshore. Le Trofeo Beppe Croce, qui distingue le premier à la Giraglia, et plusieurs trophées complémentaires ont étoffé un palmarès reflétant la diversité de la flotte.

Le tableau des protagonistes

BateauType / classeSkipper ou propriétaireFait marquant
Wallycento VWallycento, IRC 0 Maxi AKarel KomarekVainqueur série inshore Maxi A
Wallycento GalateiaWallycento, IRC 0 Maxi AChris Flowers / David Leuschen3e au countback inshore
Django WRWallyrocket 51, IRC 1Giovanni Lombardi StronatiVainqueur IRC 1 inshore
WallyñoWally 60, IRC 0 Maxi BBenoit De Froidmont3e IRC 0 Maxi B inshore
ARCA SGRMaxi 100 piedsFurio BenussiHonneurs de ligne offshore
Magic Carpet EVerdier 100Sir Lindsay Owen-Jones2e sur l'eau, à 5 min 11 s
My SongClubSwan 80Pier Luigi Loro Piana3e bateau à Gênes
Arkas Blue MoonTP52Bernard ArkasVainqueur général IRC

Retrouvez le calendrier complet des grandes régates méditerranéennes sur spencer.club.

Trois vainqueurs, trois critères, une seule course

Wallycento V gagne la série côtière Maxi A. ARCA SGR gagne la ligne d'arrivée. Arkas Blue Moon gagne le général IRC. Régularité inshore, vitesse réelle, efficacité au temps compensé — ces trois hiérarchies ne se recoupent pas, et c'est précisément cette superposition qui fait de la Giraglia un test complet.

L'édition 2026 s'inscrivait aussi dans deux cadres compétitifs plus larges : la qualification pour le championnat méditerranéen IRC-UNCL et le 2026 IMA Mediterranean Maxi Offshore Challenge. Pour les Wally comme pour les TP52 ou les Maxis, la Giraglia offrait à la fois un trophée historique et des points précieux dans la saison.

Pour les équipages Wally, cette 73e édition aura été moins une démonstration de puissance qu'une épreuve de polyvalence. Dominer dans le golfe de Saint-Tropez est une chose. Convertir cette régularité sur 241 milles de petit temps, avec un rating qui nivelle les écarts, en est une autre. La Giraglia récompense l'équipage capable de passer de la bataille de proximité à la patience stratégique du large — et en 2026, c'est un TP52 qui a trouvé cet équilibre.

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