Dates
12 septembre 2026 → 13 septembre 2026
Parcours
Saint-Tropez
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Le Golfe de Saint-Tropez, arène de vitesse absolue
99,94 km/h. C'est la marque laissée par l'équipe de France dans la baie de Saint-Tropez en septembre 2022, lors de la saison 3 du SailGP. Ce jour-là, avec des vents dépassant les 40 km/h, même le bateau le plus lent de la flotte franchissait la barre des 94 km/h. Le Golfe n'est pas un plan d'eau comme les autres. Il impose, surprend, récompense les audacieux.
Les 12 et 13 septembre 2026, Saint-Tropez accueille la neuvième étape de la saison. Mais cette édition ne ressemble à aucune autre. Pour la première fois, 14 nations prendront le départ — une expansion historique qui oblige le championnat à réinventer son format de course.
Une histoire déjà dense sur la Côte d'Azur
Depuis son intégration au calendrier, le ROCKWOOL France Sail Grand Prix s'est imposé comme un rendez-vous incontournable du circuit européen. La cité corsaire offre un cadre de « stadium racing » d'une rare intensité : les F50 volent entre le port et la jetée, à quelques encablures du public massé sur les quais.
L'exploit tricolore de 2022 reste gravé dans les mémoires. Quentin Delapierre et son équipage avaient poussé leur catamaran aux confins du possible, frôlant la barre symbolique des 100 km/h. La même année, les États-Unis de Jimmy Spithill avaient remporté l'étape — non sans avoir écopé de pénalités après un incident avec la France, leur coûtant 4 points au championnat général.
Ce mélange de vitesse brute, de contacts limites et de conditions météo capricieuses a forgé la réputation du rendez-vous tropézien. Le Mistral peut surgir sans prévenir, transformant la baie en champ de bataille. À l'inverse, des brises anémiques ont déjà contraint les équipes à monter l'aile de grande envergure pour simplement rester en vol.
Format 2026 : le pari du « split-fleet »
Quatorze bateaux sur le plan d'eau exigu du Golfe, c'est trop. Russell Coutts, CEO du SailGP, l'a reconnu en validant un format expérimental inédit pour gérer cette densité.
Le principe :
- La flotte est scindée en deux groupes (sept bateaux chacun)
- Chaque groupe dispute des courses qualificatives distinctes
- Les quatre meilleures équipes de chaque poule accèdent à la phase finale
L'enjeu est double : sécurité et lisibilité. Avec des catamarans volant à plus de 50 nœuds dans un espace restreint, le moindre écart de trajectoire peut provoquer une collision aux conséquences lourdes — sportivement et financièrement.
Mais l'ADN du championnat survit à cette mutation. La conclusion reste fidèle au format « winner-takes-all » : les trois meilleures équipes au classement général de l'événement s'affrontent dans une Grande Finale unique. Le vainqueur de cette dernière manche remporte l'étape, peu importe les points accumulés avant. Tout se joue en quelques minutes.
Quatorze nations, zéro marge d'erreur
L'expansion de la flotte redistribue les cartes. Voici les forces en présence les plus scrutées :
- France — Quentin Delapierre : détenteurs du record de vitesse à domicile, ils porteront la pression d'un public acquis à leur cause
- Nouvelle-Zélande — Peter Burling : les « Black Foils », réguliers et redoutables, favoris techniques sur tous les plans d'eau du circuit
- États-Unis — Jimmy Spithill : victorieux ici en 2022, leur expérience de ce Golfe piégeux est un atout majeur
- Grande-Bretagne — Ben Ainslie / Giles Scott : prétendants systématiques au podium, ils avaient eux aussi flirté avec les 99 km/h à Saint-Tropez
- Red Bull Italy — Phil Robertson : le Néo-Zélandais au style agressif apporte une inconnue tactique bienvenue
- Brésil : l'une des nouvelles nations du circuit, dont le pilote reste à confirmer
Avec deux équipes d'expansion supplémentaires, les départs seront plus tendus, les marquages plus serrés. Une seule erreur en phase qualificative peut éliminer un favori avant même d'atteindre la finale.
Les F50 : des machines de guerre modulables
Les catamarans F50 restent des monotypes — identiques pour tous, ce qui place le talent humain au centre de l'équation. Six personnes à bord : barreur, régleur d'aile, contrôleur de vol, stratège et deux grinders. 15 mètres de long, 8,8 mètres de large, capables de dépasser les 100 km/h.
La clé technique à Saint-Tropez réside dans le choix de l'aile :
- Aile de 24 mètres : déployée par vent faible, elle maximise la puissance et maintient le vol au-dessus de l'eau
- Aile de 18 mètres : réservée aux conditions musclées, plus légère, elle réduit la traînée et autorise des pointes de vitesse supérieures tout en sécurisant la navigation
Cette modularité n'est pas un luxe sur la Côte d'Azur. L'histoire récente l'a prouvé : rafales de 40 km/h en 2022, conditions quasi plates l'année suivante. Les directeurs techniques devront trancher vite, parfois entre deux manches, sous peine de se retrouver avec la mauvaise configuration au mauvais moment.
Ce qui se joue au-delà de l'eau
Le SailGP est diffusé dans plus de 190 territoires. Le prize pool global de la saison 2026 atteint 12,8 millions de dollars. Chaque étape est un produit médiatique autant qu'une épreuve sportive.
Pour Saint-Tropez, l'enjeu dépasse le cadre nautique. L'événement consolide l'image de la ville comme capitale du yachting moderne en fin de saison estivale, attirant une clientèle internationale qui prolonge la fréquentation touristique bien au-delà du mois d'août.
Le « Race Stadium » déployé sur le site offre écrans géants, commentaires en direct, zones de restauration et merchandising — une expérience immersive qui rapproche les spectateurs d'un sport longtemps perçu comme distant.
Retrouvez le calendrier complet de la saison SailGP 2026 sur spencer.club.
Mistral ou brise : le facteur X
La météo dictera le scénario. C'est la seule certitude. Un Mistral à 40 nœuds et la baie se transforme en laboratoire de vitesse pure, avec des F50 au bord de la rupture. Une brise thermique timide et la course devient un exercice de patience, de placement, de micro-ajustements sur les foils.
Le format split-fleet ajoute une couche de complexité supplémentaire : les conditions peuvent évoluer entre les manches des deux groupes, créant des asymétries de classement difficiles à arbitrer.
Ce qui est certain, c'est que Saint-Tropez ne laisse jamais personne indifférent. Le Golfe a déjà produit le moment le plus rapide de l'histoire du SailGP. Le 13 septembre 2026, il pourrait bien en écrire un nouveau chapitre.
Comparez les bateaux engagés et suivez l'actualité de cette étape sur spencer.club.

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