Dates

1 février 2028 → 31 mars 2028

Parcours

Brest


Le 1er février 2028, la rade de Brest lâchera dans l'Atlantique hivernal les machines les plus rapides jamais construites pour un tour du monde. Trimarans géants de 32 mètres capables de flirter avec les 50 nœuds, équipages réduits à un seul homme ou une seule femme, 21 600 milles nautiques sans escale : la Brest Atlantiques revient avec une ambition décuplée.

Un héritage forgé en 2024

L'histoire de ce défi Brest-to-Brest est encore jeune, mais elle a déjà produit ses images fondatrices. Le 7 janvier 2024, six solitaires s'élançaient pour le premier tour du monde en Ultim. Charles Caudrelier, à la barre du Maxi Edmond de Rothschild, a bouclé la boucle en 50 jours, démontrant qu'il était possible de faire voler un trimaran géant autour de la planète sans le détruire.

Le pari était loin d'être gagné d'avance. Arrêts techniques, abandons, avaries de foils : l'édition inaugurale a rappelé que ces machines restent des prototypes poussés à l'extrême. Quatre ans plus tard, les équipes reviennent avec une certitude nouvelle — elles savent désormais exactement ce que la mer exige d'elles.

Trois caps, 40 000 kilomètres, zéro filet

Le tracé ne change pas. Et c'est tant mieux : il n'existe pas de parcours plus sélectif.

  • Cap de Bonne-Espérance — la bascule vers l'océan Indien et ses mers croisées
  • Cap Leeuwin — le point médian, balayé par des systèmes dépressionnaires violents
  • Cap Horn — vents catabatiques, icebergs en dérive, puis la longue remontée de l'Atlantique

Le départ au 1er février (légèrement décalé par rapport à 2024) vise à exploiter les dépressions hivernales pour propulser la flotte vers le sud à grande vitesse. Le revers de la médaille : les premiers jours seront les plus exposés. Les arrivées sont attendues avant le 31 mars, au début du printemps breton.

Solitaire, sans assistance — mais pas sans filet de sécurité

L'ADN de l'épreuve reste intransigeant : en solitaire, sans escale, sans assistance. Un marin, un bateau, la planète entière à enrouler.

Le règlement autorise toutefois les escales techniques — une soupape de sécurité vitale pour des machines aussi complexes. Mais le prix à payer est colossal. En 2024, Armel Le Cléac'h a vu ses ambitions s'effondrer après deux arrêts forcés sur Banque Populaire XI. La leçon est limpide : la victoire se prépare autant dans les bureaux d'études que dans les dépressions du grand Sud.

Deux classes, deux récits

Pour la première fois, les géants Ultim partageront l'affiche avec les Ocean Fifty. Deux flottes, deux philosophies, deux courses dans la course.

Ultim 32/23 — la vitesse absolue

32 mètres de long, 23 mètres de large, des foils capables de soulever l'ensemble au-dessus de l'eau : les Ultim sont les formules 1 des océans. Vitesse de pointe approchant les 50 nœuds, tour du monde visé en moins de deux mois. Chaque bateau est un prototype unique, fruit de millions d'euros d'investissement.

Ocean Fifty — la régate au contact

Plus compacts (15 mètres), soumis à une jauge stricte qui garantit l'équité, les Ocean Fifty dépassent les 30 nœuds et offrent ce que les Ultim ne peuvent pas : des écarts à l'arrivée qui pourraient se compter en minutes plutôt qu'en jours. Le spectacle sera différent, mais tout aussi intense.

CaractéristiqueUltim 32/23Ocean Fifty
Longueur32 m15 m
Largeur23 m15 m (max)
Vitesse max~50 nœuds>30 nœuds
PhilosophieInnovation libre, vol intégralMonotypie, budget maîtrisé
EnjeuRecord, endurance technologiqueBataille rapprochée, stratégie

Les hommes à battre

En Ultim

  • Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) — tenant du titre, recordman de l'épreuve. Son trimaran, lancé en 2017, reste une référence de fiabilité. L'objectif affiché : descendre sous les 50 jours.
  • Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) — arrivé seulement trois jours après Caudrelier en 2024. L'expérience massive du bonhomme (multiples tours du monde) en fait le rival numéro un.
  • Armel Le Cléac'h (Banque Populaire XI) — vainqueur du Vendée Globe 2016-2017, il revient avec une soif de revanche après les avaries qui ont plombé sa première tentative.
  • Tom Laperche (SVR Lazartigue) — l'un des trimarans les plus avancés technologiquement de la flotte, un outsider à surveiller de très près.

En Ocean Fifty

  • Erwan Le Roux (Koesio) — souvent cité comme favori, machine très optimisée
  • Luke Berry (Le Rire Médecin–Lamotte) — vainqueur de la classe au Fastnet 2023
  • Matthieu Perraut (Inter Invest) — reprenant l'ancien Primonial, il hérite d'un projet déjà performant

Retrouvez la liste complète des engagés et comparez les bateaux sur spencer.club.

Les vrais enjeux dépassent la ligne d'arrivée

Pour la classe Ultim, 2028 doit confirmer que l'exploit de 2024 n'était pas un coup isolé. Il faut transformer la prouesse en norme. Prouver que ces trimarans peuvent voler longtemps, loin, sans casser — édition après édition.

Pour les Ocean Fifty, l'enjeu est la visibilité. Partager l'affiche avec les Ultim sur un parcours aussi prestigieux, c'est l'occasion de démontrer que le spectacle n'est pas réservé aux budgets à huit chiffres.

Économiquement, l'événement confirme Brest et la Bretagne dans leur statut de capitale mondiale de la course au large. Retombées médiatiques, images spectaculaires captées par drones et caméras embarquées : les sponsors qui injectent des millions dans ces programmes attendent un retour à la hauteur.

Février dans l'Atlantique Nord : le risque calculé

Le principal adversaire ne porte pas de numéro de voile. Un départ en plein hiver expose la flotte aux tempêtes dès les premières heures. En 2024, les arrêts techniques ont redistribué toute la hiérarchie. En 2028, la capacité des équipes à gérer les crises logistiques — acheminement de pièces, équipes de réparation mobiles positionnées sur le globe — pèsera autant que le talent du skipper.

La densité du calendrier en amont (Rolex Fastnet, circuit Ultim) laisse peu de marge pour la préparation. Chaque mille parcouru avant le départ est à la fois un entraînement et une usure potentielle.

Un cycle qui s'installe

La Brest Atlantiques s'inscrit dans un programme long terme dévoilé par la Classe Ultim : un tour du monde en solitaire tous les quatre ans, sur le modèle du Vendée Globe. L'ouverture à la Méditerranée et la diversification des parcours intermédiaires montrent une volonté d'élargir le terrain de jeu et l'audience de ces machines volantes.

Le 1er février 2028, quand les amarres seront larguées dans la rade de Brest, six ou sept trimarans géants et une flottille d'Ocean Fifty s'élanceront vers le grand Sud. Deux mois de suspense entre les confins des océans australs et le goulet de Brest. Suivez l'intégralité de la course et le calendrier des départs sur spencer.club.

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