Dates
7 juin 2026
Parcours
Les Sables-d'Olonne
Découvrir le sommaire
Le cercle polaire en roue libre : la Vendée Arctique change la donne
7 juin 2026, Les Sables d'Olonne. Vingt-cinq IMOCA s'élanceront vers le Grand Nord avec une consigne inédite : franchissez le cercle polaire arctique où vous voulez. Fini les waypoints en file indienne, place à la guerre tactique totale. Cette troisième édition de la Vendée Arctique pose un défi redoutable — choisir sa longitude, c'est choisir sa météo, ses courants, ses risques.
Et pour 25 skippers, l'enjeu dépasse largement la ligne d'arrivée.
Une course née de l'urgence
La Vendée Arctique n'était pas prévue au programme. Elle est née en 2020, quand la pandémie a balayé deux transatlantiques majeures — The Transat CIC et la New York – Vendée — privant la flotte IMOCA de milles qualificatifs pour le Vendée Globe.
L'idée : monter vers le Nord plutôt que traverser vers l'Ouest. Jérémie Beyou sur Charal avait remporté cette première en 10 jours, 5 heures et 14 minutes, devant Charlie Dalin et Thomas Ruyant.
En 2022, la course a failli tourner au drame. Une dépression explosive menaçant la flotte au sud de l'Islande a contraint la direction de course à neutraliser l'épreuve. Une porte virtuelle au sud-est de l'île est devenue la ligne d'arrivée. Charlie Dalin sur Apivia s'est imposé, devant Beyou et Ruyant — le même trio, reshuffled. L'épisode a gravé une leçon : en Atlantique Nord, le parcours doit s'adapter aux éléments, pas l'inverse.
Longitude libre : la révolution de 2026
C'est la réponse directe aux leçons de 2022. Les skippers devront franchir le cercle polaire arctique à la longitude de leur choix, puis redescendre vers Les Sables d'Olonne. En solitaire, sans escale, sans assistance.
Ce qui change concrètement :
- Plus de route unique. Chaque marin tracera sa propre trajectoire vers le 66°33' Nord. Certains viseront l'ouest du Groenland, d'autres longeront la Norvège.
- Une météo perpendiculaire. Contrairement au Grand Sud où l'on surfe devant les dépressions d'Ouest en Est, la montée arctique oblige à traverser les systèmes frontaux. Les phénomènes changent vite, les échappatoires sont rares.
- Des zones d'exclusion incontournables. Une zone d'exclusion des glaces longe les côtes groenlandaises — icebergs et growlers obligent. Des zones de protection de la biodiversité imposent également des détours.
Le parcours devient un problème d'échecs à résoudre en temps réel, fichiers météo en main.
Vingt-cinq solitaires au départ
Le plateau reflète l'internationalisation croissante de la classe IMOCA. Aux côtés des grands noms français, des pavillons japonais, suisse, américain, britannique, italien et allemand.
Les favoris déclarés
- Charlie Dalin (Apivia) — vainqueur 2022, dominateur du circuit, en quête d'un doublé
- Jérémie Beyou (Charal) — vainqueur 2020, deuxième en 2022, le spécialiste maison
- Thomas Ruyant (LinkedOut) — troisième des deux premières éditions, le podium lui colle à la peau
Le contingent international
- Kojiro Shiraishi (JPN) — DMG MORI Global One
- Alan Roura (SUI) — Hublot
- Conrad Colman (USA/NZL) — Imagine
- Pip Hare (GBR) — Medallia
- Giancarlo Pedote (ITA) — Prysmian Group
- Isabelle Joschke (GER/FRA) — MACSF
L'enjeu derrière l'enjeu : le Vendée Globe 2028
La Vendée Arctique n'est pas qu'une course de prestige. Dotée d'un coefficient 4 au championnat IMOCA Globe Series, elle pèse lourd au classement mondial. Mais surtout, la terminer valide un critère qualificatif majeur pour le prochain Vendée Globe 2028 — la preuve que le binôme skipper-bateau tient dans des conditions hostiles.
Double enjeu, donc : marquer des points pour le titre, et prouver sa fiabilité pour le tour du monde. Dans ce contexte, certains skippers devront arbitrer entre attaque et préservation du matériel — un dilemme que la liberté de longitude rend encore plus cruel.
Des Formule 1 taillées pour le froid
Les IMOCA 60 engagés sont les mêmes monocoques de 18,28 mètres que ceux du Vendée Globe. Les plus récents, équipés de foils dernière génération, atteignent des pointes à 75 km/h (40 nœuds) au portant. Mais l'Arctique impose des adaptations spécifiques.
L'Atlantique Nord ne ressemble pas aux mers du Sud. La houle y est croisée, cassante. Les équipes préparent leurs bateaux en conséquence :
- Isolation thermique des cockpits et systèmes de chauffage pour protéger le skipper
- Détection OSCAR — caméras thermiques couplées à l'intelligence artificielle pour repérer glaces et objets flottants
- Manœuvrabilité renforcée — capacité à ralentir ou virer rapidement face à des systèmes météo imprévisibles
Un foiler lancé à 35 nœuds dans le brouillard arctique, c'est une autre histoire qu'un run dans les alizés.
Une épreuve de maturité
Trois éditions, trois visages différents. 2020 était l'improvisation géniale. 2022, la confrontation brutale avec les éléments. 2026 sera celle de la liberté tactique — et de la responsabilité qu'elle implique.
En laissant chaque marin tracer sa propre route vers le cercle polaire, l'organisation transforme la course en laboratoire stratégique. Les écarts pourraient se creuser dès les premières heures, selon les choix de longitude. Et les regroupements au retour vers Les Sables promettent des arrivées serrées.
Retrouvez le calendrier complet et les fiches bateaux des IMOCA engagés sur spencer.club.

Ne manquez aucune grande course
Recevez les prochains rendez-vous de la course au large directement par email.
Projets disponibles dans les classes de cette course
Sélection basée sur la/les classe(s) de la course. La participation exacte dépend des inscriptions officielles.
- Spencer
- Spencer
- Spencer
Vous souhaitez contribuer ?
Proposez un événement, un podcast ou un article lié à la course au large.
Une information manquante ou incorrecte ? Signalez-la nous.
Proposer une contribution
Ne manquez aucune grande course
Recevez les prochains rendez-vous de la course au large directement par email.



