Dates
31 janvier 2026
Parcours
Dubai → Muscat
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360 milles entre calmes plats et détroit d'Hormuz : la D2M 2026 entre dans l'histoire
Trente-trois bateaux, huit nations, un Farr 30 irlandais qui récidive et un trimaran qui ouvre une nouvelle ère : l'édition 2026 de l'Aramex Dubai to Muscat Offshore Race a tenu toutes ses promesses — et quelques surprises en prime.
Une course née en 1992, toujours plus ambitieuse
Organisée chaque année (ou presque) depuis 1992 par le Dubai Offshore Sailing Club (DOSC), en collaboration avec la fédération émirienne (UAE SARF) et le Comité des Sports Maritimes d'Oman, la D2M reste la plus longue course de quillards de la région. Reconnue par le Royal Ocean Racing Club (RORC), elle a acquis au fil de ses 33 éditions un statut de référence offshore dans le Golfe.
Le chrono à battre ? Celui de Douglas Hassell sur Diablo en 2014 : 1 jour, 19 heures, 52 minutes et 41 secondes. Personne ne s'en est approché cette année.
Un parcours piégeur de 360 milles nautiques
Le tracé relie les eaux peu profondes du Golfe Persique à l'Océan Indien via le Détroit d'Hormuz, avant une longue descente sud-est à travers le Golfe d'Oman jusqu'à la Marina Bandar Al Rowdha de Muscat. Sur le papier, 360 milles. Dans la réalité, un enchaînement de pièges :
- La zone d'exclusion iranienne — une frontière maritime infranchissable sous peine de disqualification immédiate. Le catamaran Longreach en a fait les frais, emporté par la dérive pendant un calme plat. D'autres, comme Maysan, ont dû tourner en rond à la limite de la zone, luttant contre le courant pour ne pas basculer du mauvais côté.
- Le trafic commercial — certaines des voies de navigation les plus fréquentées du globe traversent le parcours. La vigilance ne se relâche jamais.
- Les obstacles côtiers — rochers, îlots du détroit, filets de pêche et embarcations locales jalonnent la route, surtout dans la dernière portion.
Janvier, la roulette météo
La course se déroule en pleine « saison des pluies » du Golfe. On peut enchaîner le champagne sailing avec un vent régulier, puis se retrouver collé dans un miroir d'huile pendant des heures, bateaux empilés les uns sur les autres, courant contre soi. L'édition 2026 a offert exactement ce scénario — des phases rapides et grisantes, puis des calmes plats punitifs qui ont redistribué les cartes.
Trois victoires, trois histoires
| Catégorie | Bateau | Type | Skipper / Pays |
|---|---|---|---|
| IRC Overall | Nagini | Farr 30 | Ronan Considine (Irlande) |
| Line Honours | Heaven Can Wait | Beneteau First 53 | Julien Monié (France) |
| Multihull | Khaleesi | Dragonfly 40C | Jan Felton (EAU) |
Nagini : la maîtrise irlandaise, acte II
Deuxième victoire consécutive en IRC Overall pour le petit Farr 30 de Lee Brown, skippé cette année encore par Ronan Considine. L'équipage — intégralement irlandais, dont une majorité avait traversé l'Europe spécialement pour l'occasion — savait ce que défendre un titre signifie en termes de pression.
Le moment-clé ? L'avant-dernière nuit. Vent quasi nul. La plupart des concurrents patinent. À bord de Nagini, Ruairc O'Tuairisg maintient le bateau en mouvement pendant quatre heures dans des conditions où chaque souffle compte. Au temps corrigé, l'écart final se joue en minutes. La patience et la science du petit temps ont fait la différence.
Heaven Can Wait : le panache français
Premier départ, premier Line Honours — le scénario rêvé pour le Beneteau First 53 de Julien Monié. Pourtant, rien n'était gagné. Dès le premier jour, une inattention coûte le spinnaker, déchiré. L'équipage se retrouve amputé de sa voile de portant pour le reste de la course.
Le vent, lui, a choisi son camp. Le deuxième jour, il tourne et impose une longue navigation au près — précisément la configuration où un spi ne sert à rien. Heaven Can Wait en profite pour creuser l'écart et couper la ligne en tête à Muscat.
Khaleesi : le multicoque entre en scène
Moment historique pour la D2M : Jan Felton et son Dragonfly 40C Khaleesi deviennent le premier multicoque à franchir la ligne d'arrivée à Muscat. Derrière, Layla 22 (Dragonfly 32) et B Nirvana (Gunboat 48) complètent un podium multicoque qui pourrait bien inciter l'organisation à renforcer cette catégorie dans les prochaines éditions.
33 bateaux, 8 nations : la D2M s'internationalise
Le record de participation — 33 bateaux au départ le 31 janvier depuis le DOSC — dit quelque chose de l'attractivité croissante de l'épreuve. Huit nationalités représentées sur l'eau, suivies en temps réel grâce aux trackers embarqués.
Au-delà du classement, c'est l'esprit de la course qui marque. Pendant les calmes plats, les bateaux regroupés échangent par VHF. On se raconte la nuit, on partage des invitations à dîner d'un cockpit à l'autre. Les équipages en queue de flotte décrivent ces journées comme « l'aventure d'une vie » — filets de pêche, fatigue et convivialité inclus. Le retour collectif vers Dubaï, porté par les vents d'est, prolonge encore cette parenthèse.
Des enjeux qui dépassent la bouée d'arrivée
L'arrivée à la Marina Bandar Al Rowdha n'est pas qu'une formalité sportive. Saud Al Subhi, directeur de la marina, pousse pour impliquer davantage les ministères et le gouvernement omanais afin de maximiser l'impact touristique de l'événement. La D2M sert de vitrine pour Dubaï et Muscat, et les deux villes l'ont bien compris.
Côté sponsors, Aramex en titre et DP World — qui soutient directement Nagini — illustrent un modèle économique qui permet aux équipes de se concentrer sur la performance. Un cercle vertueux pour une course qui vise désormais l'expansion en 2027.
Les enseignements à retenir
La disqualification de Longreach rappelle une réalité brutale : sans vent, un voilier dérive, et la zone d'exclusion iranienne ne pardonne pas. Protocoles de navigation renforcés, systèmes d'alerte dédiés — les futures équipes devront intégrer ce risque dès la préparation.
L'irruption des multicoques ouvre un nouveau chapitre. Et la profondeur de la flotte IRC, du Farr 30 au First 53, prouve que la D2M sait parler à tous les profils de coureurs — des chasseurs de temps corrigé aux amateurs d'aventure au long cours.
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