Dates
July 10, 2027
Route
Naples
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Le Vésuve en toile de fond : la Coupe au cœur de la Méditerranée
Naples, été 2027. Pour la première fois de l'histoire, la Louis Vuitton Cup et le Louis Vuitton America's Cup Match se disputeront en Italie. Les AC75 voleront au large du front de mer napolitain, sous le regard du Vésuve, dans un décor sans équivalent dans les annales de la plus ancienne compétition sportive internationale.
Le coup d'envoi est fixé au 10 juillet 2027. Le dénouement, au plus tard le week-end des 17 et 18 juillet. Entre les deux, une série au meilleur de 13 manches — premier à 7 victoires — opposera Emirates Team New Zealand, triple tenant du titre, au survivant d'une sélection longue et impitoyable.
Un trophée né en 1851
La goélette America a tout déclenché. Le 22 août 1851, elle remporte la régate autour de l'île de Wight organisée par le Royal Yacht Squadron. Quatre ans plus tard, le syndicat propriétaire remet le trophée au New York Yacht Club sous la forme d'une coupe destinée à une « compétition amicale entre nations étrangères », encadrée par un Deed of Gift.
Ce document fondateur n'est pas un simple acte cérémoniel. Il structure la fréquence des éditions, donne au Defender une influence majeure sur l'organisation et instaure le mécanisme du Challenger of Record. L'America's Cup est à la fois une course, une confrontation technologique et une négociation permanente.
Le précédent Australia II
1983. Australia II, menée par John Bertrand, bat Liberty de Dennis Conner 4-3. Son aileron de quille révolutionnaire met fin à 132 ans de domination du New York Yacht Club. L'épisode reste un cas d'école : l'innovation ne vaut rien si elle ne se traduit pas en victoire dans le huis clos du match racing.
Le parallèle avec Naples s'impose. Le règlement 2027 contraint les budgets, impose la réutilisation de coques et de pièces existantes, mais laisse des marges de développement sur les systèmes, l'hydraulique et l'électronique. Comme en 1983, il ne suffira pas de construire un bateau rapide — il faudra convertir un avantage technique en décisions fiables, dans le vent instable et la pression d'une série au premier à sept.
Cinq étapes pour atteindre le Match
Le format 2027 impose une sélection progressive, du fleet racing au duel final. Le calendrier publié par GB1 prévoit sept AC75 au départ.
- Stage 1 — Fleet Racing (22-23 mai) : six courses de flotte, trois par jour. Placement, régularité et lecture du groupe comptent d'emblée.
- Stage 2 — Round Robins (26 mai – 11 juin) : trois séries de 21 courses en match racing. Après le troisième Round Robin, le Defender quitte la compétition ; les trois meilleurs challengers filent en demi-finales.
- Stage 3 — Knockout (12-13 juin) : les trois challengers restants se disputent une dernière place en demi-finales. Format couperet, sans filet.
- Demi-finales et finale de la Louis Vuitton Cup (16 juin – 4 juillet) : les demi-finales se gagnent à cinq victoires, la finale à sept.
- America's Cup Match (à partir du 10 juillet) : le vainqueur de la Louis Vuitton Cup affronte Emirates Team New Zealand. Premier à sept.
L'exigence est double. Le fleet racing récompense la capacité à se sortir d'un départ encombré ; les phases finales exigent la maîtrise du duel, le contrôle de l'adversaire, la gestion du risque sur la durée. Aucune équipe ne survivra avec une seule qualité.
Retrouvez le calendrier complet sur spencer.club.
AC75 : innover sous contrainte
L'AC75 — monocoque volant apparu lors de la 36ᵉ édition à Auckland en 2021 — revient pour une troisième campagne, avec des foils plus grands, des coques allégées et des systèmes électroniques plus avancés.
Mais le cadre 2027 impose des arbitrages serrés :
- Chaque équipe ne peut construire qu'un seul AC75 neuf et doit réutiliser puis modifier une coque héritée de la 36ᵉ ou 37ᵉ édition.
- Les ailes de foils peuvent être adaptées dans une limite de 20 %, les bras de foils monotypes sont conservés.
- Les cyclors disparaissent au profit d'énergie stockée par batterie.
- L'équipage compte cinq marins, dont au moins une navigatrice, plus une place de Guest Racer.
La bataille se déplace vers le logiciel, les réglages et le travail collectif. La meilleure innovation ne sera pas la plus spectaculaire, mais celle qui produit un gain répétable sans fragiliser la fiabilité.
Sept équipes, sept ambitions
| Équipe | Statut | Figures clés |
|---|---|---|
| Emirates Team New Zealand | Defender (Royal New Zealand Yacht Squadron) | Triple champion en titre, vainqueur 7-2 en 2024 |
| GB1 | Challenger of Record (Royal Yacht Squadron Ltd) | Sir Ben Ainslie à la barre |
| Luna Rossa | Challenger italien | Pression maximale à domicile, deux victoires en séries de sélection au palmarès |
| Tudor Team Alinghi | Challenger suisse (Société Nautique de Genève) | Arnaud Psarofaghis, helmsman et skipper |
| La Roche-Posay Racing Team | Challenge français (ex-K-Challenge) | Quentin Delapierre skipper, renforcé par Diego Botin, Florian Trittel et Enzo Balanger |
| American Racing Challenger Team USA | Challenger (Sail Newport), annoncé en avril 2026 | Ken Read (directeur), Giles Scott (Sailing Director) |
| Team Australia | Challenger (Royal Prince Edward Yacht Club) | Tom Slingsby (voile), Glenn Ashby (performance/design), Grant Simmer (CEO, vétéran d'Australia II) |
Le retour américain et australien
Les entrées de Team USA et Team Australia élargissent le récit au-delà du noyau européen. Mais dans une classe où coques héritées, foils et systèmes sont encadrés, une campagne tardive doit apprendre vite et convertir des ressources limitées en performance. Leur présence enrichit le plateau — le calendrier devra départager la vitesse réelle sur l'eau.
Les enjeux de Naples
Défendre une dynastie
Emirates Team New Zealand arrive avec trois victoires consécutives et un accès direct au Match après la sortie des Round Robins. L'avantage est institutionnel et sportif. Le risque est symétrique : pendant que les challengers s'aguerrissent dans une sélection longue, le Defender prépare la confrontation finale sans adversaire direct.
Un test de gouvernance
La création de l'America's Cup Partnership marque un tournant. Les équipes revendiquent une gestion plus neutre, un partage de la direction et un renforcement de l'attractivité commerciale. Le protocole impose des mesures de limitation budgétaire et la réutilisation de pièces clés. Naples servira de banc d'essai : contenir les coûts sans étouffer l'innovation, élargir l'audience sans diluer l'exigence.
Luna Rossa sous pression à domicile
Luna Rossa portera le poids d'un pays entier. Première équipe italienne à jouer la Coupe sur son sol, elle bénéficiera du soutien du public napolitain — mais la sélection reste internationale et la ligne de départ ne récompensera que la performance.
L'écosystème 2027 ne se limite pas au duel principal. Les AC40 alimenteront les Preliminary Regattas, la Youth America's Cup et la Women's America's Cup, avec une première étape déjà disputée à Cagliari en mai 2026 et une seconde annoncée à Naples en septembre 2026.
La tension centrale
La Coupe veut préserver un rituel né en 1851, mais repose sur des monocoques volants et des systèmes électroniques de pointe. Elle veut contenir les coûts, tout en conservant un espace de recherche. Elle veut un grand spectacle napolitain, alors que le tracé exact du parcours n'est pas encore publié.
Le vainqueur de 2027 sera celui qui réunira vitesse, robustesse et capacité à durer — sur l'eau comme dans la tête. Sept équipes, treize manches possibles, un seul trophée. Le rendez-vous est posé.
Comparez les bateaux engagés sur spencer.club.

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