Dates

May 1, 2027 → May 2, 2027

Route

Bermuda


Le Great Sound attend le retour des F50

Bermuda, 1er et 2 mai 2027. Les catamarans volants du SailGP retrouveront le Great Sound pour la deuxième année consécutive, quatrième étape d'un championnat élargi à 13 événements. Ce bassin n'est pas n'importe quel plan d'eau : c'est ici qu'Oracle Team USA a fait naître les F50 lors de la 35e Coupe de l'America en 2017, ici que Larry Ellison et Sir Russell Coutts ont ancré l'ADN de leur ligue. Bermuda porte l'histoire du circuit dans ses eaux.

Le calendrier 2027 marque une expansion mondiale — avec l'arrivée de Hong Kong et de l'Italie — mais le retour bermudien rappelle que certaines escales sont devenues des rendez-vous incontournables. La composante nord-américaine du circuit s'articule autour de San Francisco, Halifax, New York et Bermuda.

Ce que l'on sait — et ce qui manque encore

Le cadre est posé : dates, lieu, format général. Mais la page officielle de l'épreuve ne fournit encore ni liste d'équipes engagées, ni programme horaire détaillé, ni plan de parcours. L'avis de course et les instructions de course restent à publier. Sans ces documents, impossible de connaître :

  • Le tracé exact des bouées et les limites du plan d'eau
  • Le nombre définitif de manches de flotte (les documents SailGP oscillent entre 5 et 6 à 7)
  • La composition précise des équipages
  • Les procédures de départ et le régime de pénalités

Cette incertitude documentaire n'est pas anecdotique. Sur des machines qui dépassent les 100 km/h, quelques secondes perdues dans une mauvaise lecture du parcours peuvent faire basculer une qualification. Toute analyse tactique devra attendre la feuille de route officielle.

Bermuda, terre de coups d'éclat

L'histoire bermudienne du SailGP ne suit pas de scénario linéaire. Chaque saison a produit son propre vainqueur, son propre récit.

  • Saison 2 : victoire d'Emirates GBR pilotée par Ben Ainslie, devant les Flying Roos de Tom Slingsby et la France de Billy Besson
  • Saison 3 (14-15 mai 2022) : Slingsby reprend la main avec les BONDS Flying Roos, reléguant Ainslie en deuxième position et le Canada de Phil Robertson en troisième
  • Saison 4 : renversement total — Los Gallos de Diego Botin s'impose devant les Black Foils de Peter Burling et l'Australie
  • Dernier rendez-vous avant 2027 : nouveau titre bermudien pour Slingsby et l'Australie

Le cas de Botin en saison 4 mérite qu'on s'y attarde. L'Espagne s'est qualifiée pour la finale avec la marge la plus étroite du plateau, avant de battre la Nouvelle-Zélande et l'Australie dans la manche décisive. Le Great Sound récompense l'exécution sous pression, pas la réputation.

La machine identique, l'humain différent

Les F50 sont des bateaux standardisés. Même coque, même aile, mêmes foils. Cette égalité technique déplace la compétition vers un territoire plus subtil : la coordination de six postes spécialisés opérant à très haute vitesse.

  • Pilote : direction du bateau et communication avec l'équipage
  • Stratège : lecture du vent, anticipation des risques, gestion du trafic
  • Contrôleur de vol : maintien du catamaran en vol, réduction de la traînée
  • Régleur d'aile : ajustement permanent de la puissance selon les variations de vent
  • Deux grinders : alimentation hydraulique des systèmes par effort physique

Le spectateur voit une bataille de vitesse. Le résultat est le produit d'une chaîne de décisions simultanées. Une perte de vol, un réglage en retard, un appel stratégique mal transmis — sur un week-end de deux jours, la fiabilité de cette chaîne pèse plus lourd qu'un éclat isolé.

Flotte, puis finale : un format qui ne pardonne pas

Le principe reste lisible : accumuler des points en courses de flotte, puis se battre pour la victoire dans une finale à trois bateaux. Le barème attribue 10 points au premier de chaque manche, 9 au deuxième, puis décroît. Les trois premiers du classement de flotte accèdent à la finale, dont le vainqueur empoche 10 points de championnat.

La régularité est nécessaire mais pas suffisante. Il faut d'abord survivre aux manches de flotte pour atteindre la manche qui décide de tout. Le précédent espagnol l'illustre parfaitement : Botin a franchi la qualification sur le fil avant de tout renverser en finale. Le format protège la possibilité du comeback tardif, mais il élimine impitoyablement ceux qui négligent les courses préliminaires.

À l'échelle de la saison, Bermuda pèse doublement. Les points récoltés lors de l'étape 04 alimentent la course aux trois places qualificatives pour le Grand Final, dont le vainqueur devient champion du monde. Chaque erreur de flotte peut coûter une position au classement annuel.

Retrouvez le calendrier complet de la saison SailGP 2027 sur spencer.club.

Des noms à surveiller, pas des engagés confirmés

En l'absence de liste officielle pour 2027, les repères du circuit récent dessinent tout de même les contours du plateau :

  • Tom Slingsby (BONDS Flying Roos) — double vainqueur bermudien, référence de constance sur ce plan d'eau
  • Diego Botin (Los Gallos) — champion de saison 4, spécialiste des renversements en finale
  • Peter Burling (Black Foils) — deuxième de la saison 4, figure majeure de la voile néo-zélandaise
  • Nathan Outteridge (Artemis) — l'un des pilotes les plus expérimentés du circuit en F50
  • Martine Grael (Brésil) — double championne olympique, première femme pilote et première femme à remporter une course SailGP
  • Giles Scott (NorthStar) — double champion olympique, profil de référence technique

Le cas Ainslie illustre la prudence nécessaire : dominant aux saisons 2 et 3 à Bermuda, il a depuis cédé le poste de pilote d'Emirates GBR à Dylan Fletcher dans le plateau récent. Un palmarès bermudien ne vaut pas confirmation d'engagement.

Ce qui se jouera les 1er et 2 mai

Le favori narratif est l'Australie de Slingsby, forte de sa connaissance intime du Great Sound. Le contre-exemple le plus puissant reste Botin, capable de transformer une qualification limite en titre. La constante technique, ce sont ces F50 identiques qui amplifient chaque différence humaine — un appel du stratège, un maintien de vol, une fraction de seconde dans un virement.

Mais la vraie hiérarchie ne se révélera qu'avec la publication des documents officiels : équipages confirmés, nombre de manches arrêté, tracé du parcours. La course démarre le 1er mai. Le récit tactique, lui, commencera quand le plan d'eau aura ses bouées.

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