Dates
July 22, 2026
Route
Les Sables-d'Olonne
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Un aller-retour de 2 600 milles pour les Mini 6.50
Deux traversées océaniques, un seul marin à bord, zéro assistance. La Mini Atlantique 2026 a tenu ses promesses entre Les Sables-d'Olonne et Horta, aux Açores, puis retour. Derrière le nouveau nom se cache une course née en 2006 sous l'acronyme SAS, parvenue à sa 11e édition et devenue l'un des rendez-vous incontournables du circuit Mini.
64 solitaires ont pris le départ le 22 juillet depuis Port Olona — 11 Prototypes, 53 bateaux de Série — pour affronter environ 1 300 milles par étape. Et c'est Julien Letissier qui a écrit le scénario le plus marquant, en remportant les deux manches côté Proto. En Série, la bataille entre Meven Flao et Ronan Jezegou a rappelé une vérité fondamentale : gagner une étape et gagner la course, ce n'est pas la même chose.
De la SAS à la Mini Atlantique : un héritage qui pèse
La course Les Sables – Les Açores – Les Sables existe depuis 2006. Biennale, elle a accueilli aussi bien des novices que des marins aguerris du circuit Mini, avec une vocation claire : proposer un parcours hauturier formateur, suffisamment exigeant pour préparer une traversée de l'Atlantique.
En 2024, pour la 10e édition, 72 solitaires avaient été engagés — 47 Série, 25 Proto — sur un aller-retour de 2 540 milles. Le socle sportif n'a pas changé en 2026. Seul le nom évolue : la SAS devient la Mini Atlantique pour gagner en lisibilité auprès du grand public et affirmer sa dimension océanique.
Le club organisateur, Les Sables d'Olonne Vendée Course au Large, créé en mai 2015 par des passionnés de voile, conserve la maîtrise du projet. Le port d'attache, le format, la vocation de tremplin : tout reste en place.
Deux étapes, une seule longue épreuve
Le départ a été donné le 22 juillet. Horta constitue le point de bascule : les solitaires y terminent la première manche avant de repartir dans l'autre sens.
La première étape a rappelé la difficulté de l'approche des Açores. Après deux jours de course rapide, le vent est devenu portant et modéré, avant qu'une zone molle ne piège la flotte à l'approche de l'archipel. Le parcours impose plusieurs changements de rythme : vitesse au large, positionnement dans les calmes, gestion de l'arrivée puis reconstruction mentale et physique avant le retour.
Chronologie clé
- 22 juillet — Départ des Sables-d'Olonne, 64 marins sur la ligne
- 29 juillet — Julien Letissier remporte la première étape à Horta en 7 j 0 h 11 min 14 s
- Nuit du 12 au 13 août — Letissier boucle le retour en 7 j 13 h 47 min 21 s
- 16 août — Dernier pointage du suivi GeoVoile
Le format en deux manches offre un repère intermédiaire, mais ne réduit pas l'exigence. Le marin doit reconstruire sa course après Horta sans perdre de vue le classement cumulé.
Solitaire, sans assistance et classée au championnat
Le règlement donne à la Mini Atlantique son identité. Catégorie A, OSR catégorie 1, coefficient 5, 5e étape du Championnat de France Course au Large en solitaire. Et surtout : course qualificative pour la Mini Transat 2027.
Podiums de l'étape retour
Proto (11 bateaux) :
- Julien Letissier — 1069 Branchet — 7 j 13 h 47 min 21 s
- Koki Sawada — 1048 DMG Mori Sailing Academy 2 — 7 j 20 h 08 min 26 s
- Thomas Jouans — 791 Minimoana - Demain sera non fumeur — 7 j 22 h 41 min 18 s
Série (53 bateaux) :
- Meven Flao — 1025 Casper - Marin Breton — 7 j 20 h 29 min 14 s
- Nicolas Le Coz — 1057 Voiles Sans Frontières — 7 j 21 h 12 min 08 s
- Ronan Jezegou — 1119 Irish Express — 7 j 21 h 47 min 41 s
Flao gagne l'étape retour en Série, mais c'est Jezegou qui s'adjuge le classement général. La constance accumulée entre Horta et le retour a primé sur le dernier éclat de vitesse.
Letissier, fil rouge d'une édition très disputée
À bord du Mini 1069 Branchet, Julien Letissier est le seul marin à avoir remporté les deux étapes. La presse spécialisée souligne qu'il devient le cinquième solitaire de l'histoire à réaliser ce doublé et qu'il signe sa quatrième victoire de la saison 2026, après Pornichet Select, Mini en Mai et le Trophée Marie-Agnès Péron, avec un podium au Mini Fastnet en prime.
Son résultat ne s'est pas construit sans accroc. Près de la DST, un gros retournement a cassé une latte de grand-voile et endommagé le système de fixation de son safran tribord. Sept à huit heures de réparations en mer. Au large de La Corogne, il est monté deux fois au mât par 23 à 25 nœuds pour réparer des bouts de ris.
Le Japonais Koki Sawada, sur DMG Mori Sailing Academy 2, a profité d'une zone de hautes pressions pour revenir à 3-5 milles, sans jamais parvenir à inverser la tendance.
Trajectoires marquantes
D'autres profils ont incarné les deux visages de la course — performance et survie :
- Geoffroy Dardonville, présenté comme un espoir français après une 9e place à la Plastimo Lorient Mini et une 10e au Mini-Fastnet 2025, termine 4e Proto au retour en 8 j 3 h 34 min 59 s
- Caroline Boule, longtemps aux avant-postes sur Nicomatic - Petit Bateau, a atteint 27 nœuds avant de rencontrer des problèmes et d'abandonner
- Rémy Balze a démâté et fait route vers Gijón — rappel brutal du prix d'une avarie majeure sur un Mini
- Adrien Marchandise a subi une casse de bastaque, Itzel Marie-Diaz des avaries de bout-dehors et de drisse
Qualification, fiabilité, visibilité : les enjeux croisés
Un filtre pour la Mini Transat
La Mini Atlantique sert à valider sa qualification pour la Mini Transat 2027 tout en accumulant de l'expérience hauturière. Le résultat ne se limite pas à une place au classement : il faut prouver que l'on sait traverser, durer, intervenir sur le bateau et conserver ses moyens en solitaire.
Un banc d'essai technique
Le sans-assistance rend chaque avarie potentiellement décisive. Le safran de Letissier, le démâtage de Balze, la casse de Marchandise : autant de niveaux de gravité différents qui tracent la frontière entre une réparation réussie et un abandon. Le parcours devient un test de conception, de préparation et de discipline, pas seulement un concours de vitesse.
Une étape de championnat
Avec son coefficient 5, l'épreuve pèse lourd dans le Championnat de France. Le doublé de Letissier prend ici une dimension supplémentaire dans la course au titre.
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Ce que cette édition enseigne
La divergence entre Flao et Jezegou résume toute la philosophie de l'épreuve. L'un gagne la dernière manche, l'autre remporte le général. La course récompense deux compétences distinctes : l'accélération sur un segment et la régularité sur l'ensemble du programme.
Le cas Letissier montre l'autre pôle. Victoire malgré des réparations longues, malgré le retour de Sawada dans le petit temps. La Mini Atlantique ne consacre pas le bateau le plus rapide sur le papier : elle valorise la capacité à maintenir une trajectoire sportive après une avarie, à choisir quand intervenir, à ne jamais perdre le fil.
Au terme de cette 11e édition, la Mini Atlantique confirme sa double fonction. Grande course océanique pour Mini 6.50, héritière directe de la SAS, elle agit aussi comme un examen grandeur nature avant la Transat. Son nouveau nom élargit son audience. Son exigence sportive, elle, n'a pas été simplifiée.

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